Éditorial

LA SEMAINE DE PRIERE pour l’unité des chrétiens (18 au 25 janvier) n’est pas un temps liturgique proprement dit. Sa célébration est quand même fortement recommandée par l’Ordo (calendrier liturgique) à l’usage du Canada francophone. C’est conformément aux directives de celui-ci que Prions en Église indique la possibilité d’utiliser la Messe pour l’unité des chrétiens durant ces jours de prière œcuménique.

À vrai dire, les communautés chrétiennes n’ont jamais cessé de prier pour leur réconciliation. Mais en 1908, Paul Wattson, un ministre épiscopalien des États-Unis converti l’année suivante au catholicisme, eut l’idée de promouvoir une Octave [huit jours de prière] pour l’unité de l’Église située entre la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome (18 janvier, jusqu’en 1960) et celle de la Conversion de saint Paul (25 janvier). Au milieu des années 1930, Paul Couturier, prêtre lyonnais, donna un nouvel élan à cette prière qui commençait à se répandre dans l’Église catholique et certaines communautés anglicanes. Mais il choisit de la nommer Semaine de prière pour l’unité des chrétiens plutôt qu’Octave pour l’unité de l’Église. Cette formulation moins catholicisante reflétait son souci de ne pas réduire l’objectif de l’unité à un retour des Églises vers le siège de Rome, mais de l’ouvrir à la recherche de «l’unité que Dieu voudra, par les moyens qu’il voudra». À l’école de l’abbé Couturier, la prière pour l’unité nous fait ressentir douloureusement l’infidélité de la désunion. Les diverses confessions chrétiennes ne surmonteront leur indifférence, leur méfiance, voire leur hostilité mutuelles que si leurs frères et sœurs entrent dans les sentiments mêmes du Christ dont la prière suprême fut et reste: «Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi […] pour que le monde croie que tu m’as envoyé.» (Jean 17, 21)

Le thème annuel de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est préparé sous la direction conjointe du Conseil œcuménique des Églises et du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Son élaboration pour cette année a été confiée au Conseil des Églises du Moyen-Orient, basé à Beyrouth, qui a choisi ce verset proclamé à l’Épiphanie: «Nous avons vu son astre à l’Orient et nous sommes venus lui rendre hommage.» (Matthieu 2, 2, Traduction œcuménique de la Bible) Le Moyen-Orient ressent particulièrement le besoin d’une lumière céleste. Là et dans bien des régions du monde d’aujourd’hui, des violences menacent ou frappent des innocents, «et de jeunes familles fuient des tyrans» du genre d’Hérode. Où est l’étoile qui guidera ces réfugiés vers Dieu qui est avec eux? Les Églises chrétiennes ont pour mission d’être cet astre. C’est pour cela qu’elles doivent être une. Afin que le monde croie en la bonté qui le sauve.

Jacques Lison

Où est l’étoile qui guidera ces réfugiés vers Dieu qui est avec eux?