Éditorial

L’Assomption

IL EST RARE que je pressente à ce point le décalage qu’il y aura entre le climat dans lequel je vous écris cet éditorial et celui dans lequel vous le lirez. En cette fin de mars, la pandémie de la Covid-19 est à notre porte. Elle s’installe, elle met déjà toutes nos routines sens dessus dessous et nul ne peut prédire sa durée ni l’ampleur des chamboulements qu’elle provoquera encore d’ici la diffusion du présent Prions en août et au-delà. Le journaliste Georges Hourdin écrivait au seuil de ses cent ans, en 1992, que «pour un chrétien, vivre une période de progrès et de grand bouleversement est un grand honneur». En ce qui concerne le bouleversement, je crois pouvoir écrire dès maintenant que nous en vivons un planétaire. Mais quelle que soit la direction qu’aura prise le vent en août, l’Assomption sera là pour inspirer à notre foi chrétienne les mots, les attitudes et les gestes qui lui feront honneur.

L’Assomption, c’est évidemment tout ce que la solennité liturgique du 15 août nous donne de célébrer. «Ave maris stella / Salut, étoile de la mer», chanteront les Acadiens ce jour-là. Ils ont bien saisi au sein de leurs épreuves que la figure de Marie agit dans notre histoire comme une présence rassurante, une protection maternelle au milieu des flots de la vie, un point de lumière permettant de garder le cap quand on est pris dans la tempête.

L’Assomption désigne aussi les Augustins de l’Assomption, communément appelés les Assomptionnistes. Cette congrégation dirige les éditions Bayard auxquelles l’Université Saint-Paul, propriété des Oblats de Marie-Immaculée, a cédé en 2008 la gestion de Novalis et donc de Prions en Église. Elle célèbre cette année, du 25 décembre dernier jusqu’au 25 décembre prochain, les 175 ans de sa fondation réalisée à Noël 1845 par le père Emmanuel d’Alzon. Alors que ce dernier sentait les ressacs de la Révolution française exclure le Père et son Fils Jésus Christ de l’espace public, il opta pour la devise Que ton règne vienne! Est assomptionniste celui ou celle qui se lève chaque matin en se demandant comment travailler aujourd’hui pour construire le royaume de Dieu, à la suite du Christ.

L’équipe du Prions en Église participe naturellement au charisme de l’Assomption. Dans la période de grands bouleversements que traverse notre humanité, c’est un honneur pour nous de garder le cap de la foi avec vous et pour vous. D’orienter l’effondrement de nos zones de confort en «thérapie de l’espérance» (Bruno Chenu, assomptionniste) qui nous tire en avant de nous-mêmes. De contribuer à rendre notre humanité meilleure, solidaire, en paix.

Jacques Lison

 

Est assomptionniste celui ou celle qui se lève chaque matin en se demandant comment travailler aujourd’hui pour construire le royaume de Dieu, à la suite du Christ.