Éditorial

LES SOIREES NE SONT plus aussi lumineuses; les épluchettes de blé d’Inde cèdent leur place aux cueillettes de pommes; le matin, les rues grouillent de nouveau d’écoliers et d’étudiants. Bref, l’été tire à sa fin.

Sur plusieurs plans – politique, scolaire, médiatique, littéraire –, c’est la rentrée. L’Église, malgré le rythme différent de son année liturgique, n’échappe pas à cette effervescence: les paroisses et diocèses lancent leur programme pastoral, les enfants commencent leur parcours de catéchèse, la participation aux eucharisties revient à la hausse.

En ce qui me concerne, c’est aussi un nouveau départ. Je signe mon premier éditorial dans ces pages. Ce faisant, je succède à celui qui fut, pendant plusieurs années, le visage du Prions pour bien des lectrices et lecteurs: Jacques Lison.

Jacques, qui profite désormais d’une retraite bien méritée, savait toucher les cœurs. Vous étiez nombreux à apprécier son sens de la mesure, sa sensibilité théologique, la précision de ses images, la couleur unique de ses phrases. Prendre la plume des mains d’une figure aussi marquante pour l’Église de chez nous constitue un défi intimidant.

Une tentation serait d’imiter son style, de moduler ma voix d’éditorialiste à partir de la sienne. Ou, au contraire, de marquer fortement la rupture de ton, d’imposer mes vues.

En un certain sens, l’Église, aujourd’hui, à l’échelle des communautés locales comme dans son ensemble, paraît aux prises avec les mêmes tentations. Faire comme on a toujours fait. Ou alors changer radicalement. Dans les moments de crise ou de transition, continuité et rupture oscillent dans un équilibre précaire.

Considérer la situation sous cet angle est parfois utile. Des relations interpersonnelles comme des institutions sont sauvées par des «revenons aux sources», des «tenons bon dans la tempête» et des «plus jamais ça» prononcés au moment opportun.

Mais ce qui fonde l’efficacité de ces paroles, ce n’est pas qu’elles choisissent entre gauche et droite, entre passé et futur, entre messes en personne ou en virtuel. C’est qu’elles répondent à un appel de l’amour. Et pour entendre cet appel, il faut savoir écouter. Non pas une fois pour toutes, mais en continu, au gré des signes des temps. C’est d’ailleurs l’une des intuitions directrices de la démarche synodale que nous vivons en ce moment.

J’amorce donc mon mandat d’éditorialiste avec pour seul plan d’avoir l’esprit ouvert à l’Esprit. Et puisque Dieu ne parle jamais aussi clairement qu’à travers les gens qui l’aiment, je vous prie de m’écrire volontiers, pour me partager vos conseils, vos observations, vos inquiétudes. C’est seulement ainsi que je saurai si j’inscris ma voix dans sa Voix.

Jonathan Guilbault

J’amorce mon mandat d’éditorialiste avec seul plan d’avoir l’esprit ouvert à l’Esprit.

 
 
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